Comment terminer une prod ?

Dans cet article, j’ai choisi d’aborder un des plus gros problème rencontré par bon nombre de beatmakers/compositeurs : Comment terminer une instru ?

Il t’arrive peut-être de commencer un projet, de poser une base, puis de rester bloqué au moment de développer l’idée. Tu te retrouves donc avec des centaines de projet commencé mais jamais terminé. Si c’est le cas, j’espère que cet article t’apportera des solutions.

A quel moment une prod est-t ‘elle terminée ?

La question parait anodine, mais il est important de pouvoir y apporter une réponse concrète. En effet, on a parfois tendance à considéré qu’une prod est terminée lorsqu’on lui a ajouté suffisamment de variations, ou qu’on lui a déterminé une bonne structure.

Il n’en est rien.

Si la prod a vocation à recevoir un rappeur/chanteuse, ou s’il s’agit au contraire d’un morceau qui peut fonctionner seul (par exemple un morceau de musique électro) la réponse sera différente.

Il existe bon nombre de hit rap/trap/drill qui utilisent des prods dans laquelle il y’a peux voir pas de variation, aux contraire d’un morceau électro qui en a besoin pour éviter que l’auditeur ne s’ennuie.

Un petit tips facile à mettre en place

Si votre prod a vocation à recevoir un rappeur ou un chanteur, sa principale fonction c’est de poser une ambiance, une atmosphère sonore autour de la voix. Faire beaucoup de variations peut déconcentrer l’auditeur du texte du rappeur. Ajouter trop de mélodies peut également être un problème car l’artiste aura du mal à se faire une place parmi elles.

Ajoute une acapella

Un des meilleurs conseils que je puisse te donner pour t’aider à prendre du recul sur ta production, c’est d’aller faire un petit tour sur youtube pour trouver une acapella qui pourrait fonctionner sur celle-ci. Souvent il te suffira de taper le mot acapella suivit du bpm voir de la gamme pour en trouver.

Le fait d’écouter une voix sur ta prod peut vraiment t’aider a prendre un certain recul et a prendre conscience de la pertinence de tes choix.

L’efficacité de la base mélodique

J’en ai déjà parlé à travers cet article mais j’insiste une fois de plus. En réalité le nombre de variation que devra contenir ou pas ta production dépend en grande partie de l’efficacité de ta base mélodique. Que tu utilises un sample, une loops, une suite d’accord ou peut importe, certaine base mélodique “saoule” plus vite que d’autres. Tout le jeux consistera à doser à partir de quand la base devient trop redondante. L’idée c’est d’éviter ça grâce à une variation.

Si au contraire tu as la chance d’avoir construit une base mélodique hyper éfficace, elle peut tourner sans problème pendant plusieurs minutes.

Je le cite souvent en exemple car c’est un cas d’école mais l’instrumentale du morceau “Demain c’est loin” du groupe IAM dure plus de 9 minutes et ne contient pratiquement aucune variation. Ca peut faire sens car toute l’attention de l’auditeur sera concentrée sur le texte des rappeurs.

La variation totale

A l’exact opposé du morceau IAM, il est également possible de faire ce que j’appelle des “variations” totale dans ta prod. C’est peut-être quelques choses que tu n’a jamais fait ou même jamais envisagé, et pourtant. L’idée c’est de cassé complètement le coté répétitif de l’instru en faisant des changements totale. Exactement comme si plusieurs instrus étaient collée les unes derrière les autres. Si tu n’a jamais entendu de morceau comme ca, passe écouter “Péril Urbain” du groupe de rap belge Starflam.

Les variations subtile

Entre ces deux exemples extrême, existe le cas de figure le plus courant, à savoir les variations subtiles. Et pour celle ci, je peux te passer une petite astuce personnel qui m’aide énormément. Je l’ai appelé la méthode Ying Yong. J’en parle en long et en large dans ma formation “Infinite Melody“. J’y partage également d’autres techniques pour faire des variations facilement dans ta musique.

Le principe est simple à comprendre. Il suffit de concentrer ton attention sur “ce qui est déjà présent dans ta prod”. Tu pourras ainsi envisager “son contraire”. C’est très simplifié dit comme ca donc je vais te donner quelques exemples.

Si par exemple tu utilises des mélodies avec beaucoup de notes courtes et rapides, pourquoi ne pas envisager de ramener de long accord plus lent ? Ca pourrait permettre de faire un peu respirer le morceau.

Si tu as un rythme qui frappe, pourquoi ne pas construire un passage sans rythme ?

Tu utilises une basse 808? Pourquoi ne pas envisager un passage ou tu la retire pour faire jouer plutôt une Reese ?

Je penses que tu as compris l’idée. L’avantage avec cette technique, c’est qu’elle permet littéralement de trouver une infinité de variation. Il suffit de se concentrer sur un point bien précis, pour imaginer “son contraire”.

La technique est tellement puissante qu’elle est a double tranchant. Il faudra justement veuillez a ne pas faire “trop” de variation. N’oublie pas que le coté répétitif d’une production est aussi un atout; cela participe aussi au fait qu’elle va marquer les esprits.

En conclusion

Terminer une prod, c’est trouvé le parfait équilibre entre son coté répétitif nécessaire, en faisant en sorte qu’elle ne devienne jamais “ennuyeuse”. Il est parfois difficile d’avoir le recul nécessaire pour déterminer ça, surtout quand on vient de passer plusieurs heures dessus.

Donc un dernier conseil que j’aimerais te donner, c’est de ne pas hésiter à laisser “dormir” ta prod. Oublie la quelques heures, puis ouvre un bloc note quand tu reviendra l’écouter. Note tes premières impression, à chaud.

Il y’a de forte chance que tu perçoives les choses différemment à la réécoute. Les notes que tu va prendre à ce moment la sont cruciale. Elles te permettront d’amener ton projet plus loin.

  • “Tout compte fait je n’aime pas du tout la snare”
  • “La suite d’accord commence a saouler a partir de la moitié du couplet”
  • “Tout compte fait, grâce à l’acapella, je me rend compte que le refrain est trop chargé”

Parvenir à prendre du recul sur ce que tu produits, c’est pour moi une des compétences les plus intéressante à acquérir. C’est grâce à ce recul que tu pourras poser des choix pertinents.

Un des plus grands pièges à éviter quand on compose, c’est d’en faire trop. Trop de mélodie, trop d’instrument, trop d’énergie. “Ajouter des choses” c’est ce qu’il y’a de plus immédiat à envisager, et pourtant…

Il y’a souvent mieux à faire que de superposer plein de couches de sonorités l’une sur l’autre.

Il peut s’avérer par exemple plus pertinent de modifier la sonorité d’une mélodie déjà présente dans la prod pour en trouver une qui fera vraiment la différence. Ou d’ajouter quelques variations sur la basse ou le rythme pour le rendre plus intéressant.

On cite souvent l’adage “less is more” (je lui ai d’ailleurs dédié un module complet dans mon abonnement premium). Bien qu’il soit vrai, il faut également garder à l’esprit qu’on obtient pas forcément quelques choses d’éfficace à tout les coups juste en l’appliquant.

Donc n’hésitez pas a oublier un peu votre prod, a lui ajouter une acapella, afin de découvrir tout le potentiel et les défauts qui se cachent en elle.

Bon amusement

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