Vivre du beatmaking, comment faire?

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Salut a tous!

Cela faisait un bout de temps que je voulais aborder avec vous en détail le sujet de l’argent dans le beatmaking. Je reçois très souvent de votre part des questions a ce sujet, beaucoup d’idées reçues circulent, parfois vrais, parfois fausses. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant de vous faire un petit retour d’expérience.

Tout d’abord, entendons-nous bien sur ce que j’appelle « vivre du beatmaking ». Il ne s’agit pas de gagner quelques euros glanés par ci par la sur une plateforme de vente d’instrumentale. Je parle bien d’un revenu complet suffisant pour pouvoir vivre exclusivement de sa musique.

La première question que vous vous posez peut-être est, est ce possible?
Question courte, réponse courte: Oui, c’est possible.

Est-ce facile ?
Tout est relatif, mais je dirais que non, ça n’est pas a la portée de tout le monde.

Comment ça c’est pas facile Dario?! J’ai vu tel youtubeur me dire qu’il suffisait d’ouvrir une chaîne youtube, d’y diffuser des instrus avec un titre bien racoleur, de relier ces prods a un système de paiement et le tour était jouer!
Ces YouTubeurs vous mentent ouvertement. Le marché de la vente d’instrumentale est devenu HYPER concurrentiel, et quelques soit la plateforme de vente utilisée (beat-star, youtube, etc.) vous devrez faire face a une concurrence énorme et il ne sera pas simple de vous démarquer. De plus, la durée de rentabilité d’une production n’est pas infinie, la musique suit des tendances, des courants, et les productions, au bout d’un certain temps, sont démodées et n’intéressent plus personne. Le travail accumulé sur votre chaîne ou votre compte est donc pratiquement perdu.

De plus, vendre ses productions a n’importe qui contre une petite pièce, ne fera en rien avancer votre carrière. La plupart du temps, elles seront utilisées par des artistes débutants dont vous n’entendrez jamais le projet car ils n’aboutissent bien souvent pas. Ou alors, il oubliera tout simplement de vous faire parvenir le morceau une fois qu’il aura posé dessus. Le rapport humain étant simplement absent sur ce genre de plateforme, je compare cette façon de travailler a la vente de hamburger. On paye, on mange et on part. Aucun respect pour le beatmaker en retour, puisqu’on lui a donner ses 10 €… Triste, non?

Si toutefois cette approche vous tente, regardez cet article: Comment vendre un beat par jour.

Sans parler de l’aspect fiscale… Si vous voulez faire tout bien en règle, il faudra tenir compte qu’une partie du bénéfice de votre travail devra servir a payer vos impôts. 🙂

D’accord, mais alors, comment vivre du beatmaking ?
Il reste toutefois possible de vivre de sa musique quand on est beatmaker, je voulais simplement commencer par balayer d’un revers de la main les fausses méthodes qui vous feront perdre du temps plus qu’autre chose.

Ce que je vais vous dire a partir de maintenant, je le tire de ma propre expérience, mais aussi des nombreux contacts que je me suis fait dans cet industrie au fils des années. Certaines de ces informations sont d’ailleurs extraites des entretiens long format que j’ai réalisé avec des beatmakers pro étant intervenu a travers mes formations.

Sachez que dans le beatmaking, comme dans beaucoup d’activité artistique, le carnet d’adresse fait la différence. Avoir beaucoup de contacts, c’est avoir beaucoup de travail. Et mieux vaut avoir un carnet d’adresse avec 100 contacts, que 100 productions disponible en leasing sur une chaîne Youtube.

Contrairement a une production mise en ligne sur une plateforme, qui finit tôt ou tard par se démoder et ne plus intéresser personne, votre carnet de contact lui, aura tendance a prendre de la valeur, chaque personne y figurant luttant de son coté pour faire évoluer sa propre carrière.

A partir du moment ou vos contacts vous font confiances, et ou ils sont nombreux, vendre ou placer une de vos productions n’est plus vraiment un problème. Et a partir de la, ce job devient assez plaisant 🙂

Entre les prods placées sur vos contacts, celles qui seront vendues parce qu’un tel a entendu parler de vous et voudrait travailler avec vous, un tel qui vous demande une prod sur mesure, etc. Vous n’aurez bientôt plus assez de temps pour subvenir a toutes les demandes, et vous pourrez vous payer le lux de choisir sur quoi vous voulez bosser.

Ok Dario, mais je n’ai aucun contact!!! Donc comment faire ?
Rassurez-vous, on a tous commencé ou presque avec zéro contacte. Dans un premier temps, n’hésitez pas a proposer vos productions de manière gracieuse afin de montrer de quoi vous êtes capable. Ne cherchez pas a faire une vente a tout prix. Organisez des projets, des compiles (web, zéro frais), sur lesquels vous proposerez au rappeurs de kicker une de vos instrus, ça leur donnera un peu d’exposition, et vous en bénéficierez en retour. Tout est bon pour faire parler de son activité et nouer des contacts au fils du temps. Contrairement a ce que l’on pense, cela peut aller très vite de nos jours. Intéressez-vous vraiment a ce que font les artistes avec qui vous collaborerez. N’ayez pas le petit profit immédiat toujours a l’esprit!

La mauvaise méthode
Une des plus grosses erreurs que font les beatmakers, c’est de refuser de placer des instrus sur de jeunes artistes talentueux parce que ceux ci n’ont pas les moyens de leur payer la prod. Sachez qu’agir de la sorte, c’est se tirer une balle dans le pied.

La bonne méthode
Il m’est arrivé plus d’une fois de faire cadeau de quelques productions a des artistes peux connus, qui ont cartonné par la suite. Tout le monde se demande « wahh comment tu as fait pour qu’il pose sur une prod a toi?! Comment tu la contacté?! » C’est simple, j’ai misé dessus a une époque ou personne ne croyait en lui.

Il m’est arrivé aussi quelques fois qu’un de ces jeunes rookies invitent un artiste de plus gros calibre sur une production que je lui ai donné. Ce qui permet de nouer de nouveau contact sans rien calculer.

La maladie du hardcore
Il y’a un autre point dont j’aimerais vous parler. C’est la maladie du hardcore. Beaucoup de beatmaker, et j’en ai fait partie, sont atteint de ce syndrome qui les pousses a composer dans les ambiances les plus sombres possible, limite BO de film d’horreur, etc. Ce n’est d’ailleurs pas particulier a la trap, le sous-genre hardcore étant déjà présent dans le Boom-Bap etc. Je comprends la démarche et j’en ai moi même composé beaucoup.

Sachez néanmoins que d’un point de vue carrière, faire le choix d’une musique sombre et hardcore n’est pas particulièrement judicieux. Certes, certains rappeurs excellent dans cette couleur… mais passez un certain stade les artistes cherchent surtout a faire apprécier leur musique au plus grand nombres…

S’enfermer dans un genre hardcore, agressif, etc. c’est clairement mettre un frein a votre carrière, en plus de limiter vos possibilités créatives.

Que l’on soit bien clair, je ne suis pas en train de vous dire de travestir vos envies et de composer dans un genre musicale opposé de celui que vous appréciez le plus. Non. Mais simplement d’essayer d’ouvrir vos horizons au maximum pour ne pas vous enfermer dans quelques choses qui vous freinera.

Une mentalité d’abrutit
Il m’arrive souvent de voir sur des forums, certains discours que je trouve ridicule. En effet, beaucoup de beatmaker amateur se plaignent parfois de l’attitude des rappeurs indépendant. « Ils veulent tout gratuits, ces rapaces ». Sachez que vouloir presser comme des citrons des gens qui doivent la plupart du temps financer de A a Z leur projets, ne vous mènera a rien. Traditionnellement, vous êtes rétribuer pour votre travail avec les royalties générées par la vente d’un projet. Ponctionner les artistes indépendants a la source, c’est viser le plus maigre des profit et ne pas avoir une vision sur le long terme.

Nombre d’exemples existent, de beatmaker qui se sont vu acheter leurs productions pour un poignée d’euro… productions qui furent ensuite utilisées sur des projets ayant fait double disque de platine. Ca fait mal. 😉 Penser a court terme, ça comporte entre autre ce genre de risque. Il vous sera impossible de bâtir un revenu correct si vous prêté aussi peux d’attention a vos intérêt. 🙂

De manière générale je ne vous recommande pas de céder l’exclusivité sur une de vos productions. Vous ne pouvez jamais savoir a l’avance le succès que va rencontrer votre morceau.

Faire avancer une carrière c’est avant tout une histoire de choix. Il faut faire les meilleurs choix possible a tout les niveaux. On ne bâtit pas une carrière en grattant quelques pièces sur des plateformes de ventes d’instrumentales.

Cette approche, qui peut paraître alléchante pour un adolescent qui vit encore chez sa mère, ne mène a rien au long terme et ne vous permettra pas de vivre du beatmaking. Pour construire une vrai carrière, il vous faudra placer vos productions sur des projets de grande envergure, et savoir profitez des retombées et des opportunités que cela engendrera.

J’espère que ce petit article vous aura donné quelques pistes, et vous aura inspiré. Il y’a énormément a dire sur le sujet et je n’ai clairement pas abordé tout.

On continue dans les commentaires ?

🙂

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Alex
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Alex

Bonjour, merci pour cet article mais tu oublies le plus important à mon sens. (je suis inscrit à la sacem). Faut t’il que je dépose mon instru à la sacem avant de l’envoyer à des rappeurs ou bien de la publier sur un site de beats en ligne ? J’ai vu l’exemple d’un beatmaker qui s’est fait voler la mélodie son instru en envoyant son instru à damso. Déposer son beat à la sacem avant, assurerait-t’il de pouvoir toucher des royalties au cas ou le rappeur ayant reçu une instru par mail par exemple, utilise l’instru à son insu ?… Read more »