Le rap est-il une sous culture, une sous-musique ?

rap rap

On entend parfois dire, ici et la, que le rap est une sous-culture (Cet article des Inrocks compile les meilleurs déclaration anti-rap) et pour en avoir fait pendant pas mal d’années, que ce soit en tant que compositeur (beatmaker) mais aussi rappeur, j’aimerais partager avec vous mon opinion sur la question.

Avant tout, je crois que personne ne devrait pouvoir s’octroyer le droit de décider de ce qui est ou n’est pas, culture. On peut bien sur avoir une opinion sur tout, mais il y a opinions et insultes gratuites, arguments et postures démagogiques.

En effet, qu’on l’admette ou non, le rap existe maintenant depuis des dizaines d’années, est pratiqué par des milliers de gens et écouté par des millions a travers le monde. Jusqu’à preuve du contraire, c’est bien de la musique, et la musique est a ranger au rayon culture. Les distinctions entre culture haute et culture basse sont subjective et affaire de passion.

En ce qui me concerne j’ai surtout l’impression qu’on fait au rap plus de procès qu’a n’importe quel autres genres musicale. Dans l’imaginaire collectif de quelques éclairés, subsistent l’idée selon laquelle le rap, c’est un peu la musique de Robin des bois, parfois dénonciateur, parfois revendicateur, et donc sa version capitaliste serait une imposture vis a vis de ses propres racines. C’est discutable.

Je pense surtout qu’il y’a autant de style de rap différents qu’il n’y a de rappeurs.

S’amuse-t-on a essayer d’encrer les livres ou les films dans un genre précis ? Considère t’on les films d’épouvantes comme de la sous-culture ? L’essai politique est-il plus respectable que les romans d’Agatha Christie ?

Quand j’entends quelqu’un critiquer le rap pour le faible niveau des textes, cela me fait penser a ceci :

magritte

Est-ce que ce Magritte, pourtant si célèbre, est une oeuvre complexe, compliquée, ou profonde ? Personnellement j’ai toujours eu du mal a apprécier cette oeuvre. Je la trouve simpliste et le message véhiculé me laisse de marbre. Par contre, il se trouvera toujours un historien de l’art pour vous expliquer a quel point elle est génial, en n’omettant pas de la remettre dans un contexte précis, bien entendu.

Les mêmes traîneront pourtant le rap dans la boue, parce que les textes sont trop simple a leurs goûts.

Comprenez moi bien ici, mon but n’est pas de nier le fait que certains textes de rap soit violents et simplistes (aussi violent et simpliste que l’orthographe de cet article). J’affirme simplement que ce genre de texte a aussi le droit d’exister et qu’ils sont une forme artistique comme une autre, en plus de n’être qu’une infime partie de ce qui existe dans le rap.

Reproche t’on a « Roméo et Juliette » de n’être rien d’autre qu’une stupide histoire d’amour qui finit mal ? Non. Bien-sur, on creuse dans l’oeuvre, on y apprécie les subtilités, les nuances. Ce travail d’appréciation doit aussi s’appliquer au rap, duquel on peut étudier les instrumentales, les flows, le timbre d’une voix, le message véhiculé, la profondeur technique d’un texte, le contexte historique, entre autres.

Il y’a mille formes de rap, et rien qu’en cela, preuve est faites que nous ne sommes pas face a une sous culture. On peut trouver du rap religieux, du rap capitaliste, du rap gore, du rap dit « conscient ». Sans parler de l’aspect musicale qui a lui aussi grandement évolué et s’est diversifié avec le temps. Au départ des beats composés de boucle samplé (qui alimentait déjà le débat « sous-musique ») pour laisser place aujourd’hui a des instruments électronique et a l’utilisation d’effet de type vocodeur.

Bref, le rap est en évolution et en transformation permanente. En action-réaction constante par rapport a la société qui le porte. N’est-ce pas la, encore une fois, le signe d’un vrai mouvement culturelle ?

J’aimerais, pour clôturer cet article, parler d’un autre aspect qui n’est hélas jamais aborder dans les différents articles que j’ai pu lire jusqu’ici. C’est pourtant, de mon point de vue, l’une des principales vertue du rap.

Il permet a certains jeunes d’éviter le pire.

Je sais que partout est véhiculée l’idée que certains textes de rap violent entraineraient les jeunes vers la délinquance. En réalité, je pense que rien n’est plus faux, et que la réalité est même contraire a cela.

On disait également que le dessin animé Dragon Ball Z, en son temps, aurait le même impacte sur les jeunes cerveaux. Tout comme on aurait pu le dire du cultisme « Scarface », et de millions d’autres choses.

En réalité, un esprit amoureux de violence trouvera toujours de quoi se nourrir. Si ça n’est pas le rap, ce sera dans les livres, dans les films, les jeux vidéos ? Et je pense qu’il y a une grosse différence entre consommer des contenus violents et être violent sois-même. Je suis même convaincu que les deux ne sont pas relier, mais la démonstration serait trop longue a faire dans cet article.

En revanche, il est important de souligner que beaucoup des jeunes qui commencent le rap sont déjà sur une pente glissante. Une pente qui peut les amener dans les pires culs de sacs de nos sociétés moderne. Délinquance, extrémisme religieux, banditisme, etc. et je pense que le fait de rencontrer le rap au bon moment en a sauver plus d’un.

Une partie de ces jeunes passeront du temps en studio, a écrire des textes, a composer des instrus, a se concentrer pour construire quelques choses, au lieux de foncer tête baissée vers le fond.

Qui plus est…

Accuser le rap d’être simpliste et violent, c’est se mettre des œillères. Il y’a des films violents (des rayons entiers), des œuvres d’art stupide, du rock sataniste, des dessins animés sanglants, et la pornographie est aujourd’hui accessible en 3 cliques de souris sur internet. Le JT est l’un des moments les plus violents de la journée pour beaucoup de gens. La société dans laquelle nous vivons est violente, et le rap ne fait pas toujours exception.

Peux de mouvement culturels peuvent en revanche se vanter de sortir quelques jeunes de la violence. Le rap en fait partie, et ça, c’est plutôt pas mal. On peut penser ce que l’on veut du fruit, il n’empêche qu’il a fallu planter un arbre, l’arroser et l’entretenir, pour obtenir ce fruit. La personne qui s’occupe de cet arbre, fait un premier pas vers une forme de sagesse.

Pour moi le véritable problème vient du fait que beaucoup de gens ne parviennent a respecter la culture que quand elle émane d’un lointain passé, et sont incapable d’apprécier a sa juste valeur ce qui se fait aujourd’hui.

[Couplet 3 : Kool Shen] (Extrait du morceau « Come Again » – NTM)
Mais quoi ? Quoi, qu’entends-je ?
D’où viennent ces critiques comme quoi le sample serait le sida de la musique ?
Diagnostic morbide anachronique et stupide
Emanant sûrement d’un looser marqué par les rides
Bon, trêve de plaisanterie, je veux du funk
Je veux que ça swingue hardcore, si possible
Donc mettez de côté le côté borné qui vous caractérise
Le rap est un bol d’air pur, un coup de brise phénoménal
Un coup de fouet monumental
Deux cas de figure, bien sûr, le bien le mal
Certains critiquent, d’autres plus malins prennent nos techniques
Même Mick Jagger a fait un hit avec un funky beat
Alors qui conteste et qui change de bord ?
A l’heure où des rock-stars évitent la mise à mort
Grâce notamment à l’apport du sampler dès lors
Le Hip Hop prend sa place et se révèle encore
Beaucoup plus créatif dans tous les domaines
Que ce soit des textes free ou des textes à thème

Recherches utilisées pour trouver cet article:la culture et le rap

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