Comment vivre de sa musique ?

conseils pour vivre de sa musique
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Parmi les questions qui reviennent le plus souvent entre beatmakers, il y a la question de “comment faire pour vivre de sa musique”.

J’entend passer toute sorte de choses à ce sujet, parfois des doux rêves inaccessibles, des absurdités, parfois des choses vrais. On ne compte plus le nombre de beatmakers qui diffusent leurs productions sur Youtube et/ou Beatstars dans l’idée de se faire progressivement un nom.

J’aimerais partager avec vous quelques idées qui vous pousseront peut-être à creuser dans d’autres directions, qui je l’espère vous seront plus profitable.

Déjà j’aimerais commencer en disant que la vente de prod est un business comme un autre; c’est-à-dire qu’il est soumis exactement aux mêmes règles de base, et il faudra en tenir compte. On ne monte AUCUN business en prenant ses rêves pour des réalités.

Pour vivre de sa musique, il faut être capable de faire des choix pertinent et être discipliné !

Vendre ses beats sur les plateformes pour gagner sa vie

Est-t ‘il vraiment possible de gagner sa vie en misant uniquement sur la vente de prod sur des plateformes tels que beat-star ? Je pense que oui, certaines personnes le font ou prétendent le faire (la nuance est importante, ce milieu étant infesté de mythomane lol). Cependant, vu le niveau de concurrence et de saturation dans ce marché, je pense qu’il sera nécessaire de tenir compte de quelques éléments pour espérer tirer son épingle du jeux.

Certain genre musicaux sont moins saturé que d’autres

La plupart des personnes qui se lancent aujourd’hui dans le beatmaking, le font grâce a des tutoriels trouvés sur youtube. La grande majorité de ces tutoriels concernant des genres musicaux très actuels. On trouve 100 fois plus de tuto sur comment faire de la trap et de la drill que comment faire du Jazz-fusion. Ceci conduit a une forte a une sur représentation de ces genres, y compris sur les plateformes de vente d’instru.

Ne serait-il pas intéressant d’essayer de produire dans un genre musicale un peu moins mainstream/saturé ? Pour avoir passé pas mal de temps a observer ce qu’on y trouvait, je peux vous dire que pour certain genre c’est littéralement le désert, ou presque.

Alors certe, le nombre d’artistes qui cherchent des productions dans ces autres genres sont également moins nombreux, mais je reste convaincu qu’il vaut parfois mieux se partager un petit gâteau a 5, plutôt qu’un énorme en 10 millions.

Pensez-y.

Je ne sort pas cette réflexion de mon chapeau. Pour avoir moi même pratique pendant plusieurs années la vente de prod sur ce type de plateforme, j’ai constaté que quand je prodais dans certains genre, la prod partait souvent le jour même, alors que dans d’autre genre, elle ne se vendait tout simplement jamais. En vous positionnant sur un genre moins saturé, vous multiplierez vos chances.

L’importance de faire des calculs réalistes.

A ce stade vous commencez peut-être déjà à vous dire que c’est “trop de contraintes”. Il existe évidemment d’autres façon de procéder pour vivre de sa musique, je ne suis d’ailleurs moi même plus du tout partisans de ces plateformes. Mais si c’est votre volonté de procéder comme ca, voici ce que j’aimerais vous dire :

On ne tire pas son épingle du jeux dans un marché ultra saturé, en faisant n’importe quoi ou uniquement ce qu’on a envie.

Comme je l’ai dit plus haut, pour vivre de sa musique, il faut poser des choix pertinents.

Personnellement, je ne valide pas ce délire moderne des beatmakers de vouloir vendre leurs productions comme s’il s’agissait de farine ou de pomme de terre. Déjà parce que je trouve que “dire oui a tout contre un petit billet” c’est l’exacte opposé de ce qu’il faut faire pour “devenir un grand”. Mais aussi parce que j’estime que si tout travail mérite salaire, ce n’est pas au différents intervenant sur un morceau, de se verser le dit salaire.

Il arrive très souvent que je vois des beatmakers s’offusquer parce qu’un rappeur refuse de leur donner les 100 euros demandé pour la prod. Mais a quel moment on a décidé que c’était la personne avec qui on collabore qui devait sortir l’oseille ?

De plus, s’énerver sur un petit rappeur indépendant qui n’a pas des moyens exceptionnels, c’est ridicule. En suivant la logique de l’offre et la demande, il y’a aujourd’hui des centaines de prods gratuites à disposition des rappeurs, c’est presque eux qui pourraient réclamer une paye pour poser sur tel instru plutôt que tel autre.

Sachez le :

Il est bien plus facile pour un rappeur de trouver une instru, que pour un beatmaker de trouver un rappeur. Réfléchissez à ça. 

De plus “tout travail mérite salaire” mais on parle ici de sommes RIDICULE. Savez-vous combien peut rapporter en royalties un morceau qui cartonne? Ne serait-ce pas stupide de passer à coter d’une collaboration réussie avec un artiste, sous prétexte qu’il n’avait pas les moyens de vous donner 30€ ?

Est-il vraiment réaliste d’espérer construire un salaire régulier de minimum 1500 € mensuels une fois les impôts passé par la, en vendant juste des prods à 30 € ?

Quand on réfléchis un peu, on voit que ce modèle est bancale. En plus d’épuiser votre motivation et vos espoirs, car vous allez fournir une quantité de travail astronomique et finalement renoncer. A mon sens, ce n’est pas un bon chemin à suivre pour vivre de sa musique. (Même si ça fonctionne pour certains, comme le lotto)

Ok, mais alors, on fait quoi ?

La meilleure chose que je puisse vous recommander aujourd’hui, c’est déjà de vous inscrire en sacem. Combien de beatmakers n’y sont même pas? Comment percevoir votre part sur l’exploitation d’un morceau sans même être inscrit à la sacem ? Faites le MAINTENANT. Pour moi, votre carrière démarre seulement a date de votre inscription sacem. Tout ce qui précède c’est du bricolage amateur.

Et ensuite ?

Si vous êtes hyper productif, je pense qu’une approche intéressante serait de chercher a caser chacune de vos prods sur le moindre artiste que vous croisez et dont vous kiffez le travail, sans jamais le bloquer pour une histoire de 30€. Placez la prod gratuitement, gracieusement, mais a la seule condition qu’une fiche de répartition de droit sacem soit effective entre vous.

De cette façon, vous commencerez progressivement a vous construire un catalogue et un carnet de contact. Car croyez moi, les artistes eux même en ont un peu ralbol d’être confronté à des beatmakers sortit de nuls part qui se prennent pour je ne sais quoi. Exigeant des avances alors qu’on trouve mille alternative gratuite a leurs prods sans personnalité. Sur les réseaux ils m’arrivent souvent de voir passer des messages véhément à leur encontre.

Sortez de ce doux rêves de geek qui consistent à penser qu’on a besoin de personne d’autre qu’une plateforme, et partez à la rencontre du milieu, du vrai. Communiquez avec les artistes, nouez des liens , discutez des morceaux.

Les humains n’ont jamais été aussi déconnecté les uns des autres que depuis qu’ils sont tous virtuellement relié. Sortez de cette vision des choses glacials ou seul les intérêts direct compte.

Si cet article vous a plus, je vous invite à jeter un oeil à mes autres articles qui parlent de “Comment vivre de sa musique” en cliquant ici.

Bon courage !

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